Une personne sur quatre a été victime d'une agression au cours de la première phase du confinement en Belgique

De nombreuses violences domestiques ont été signalées dans les pays qui ont adopté des mesures de confinement pour faire face à la crise du Coronavirus. En Belgique, les experts de l'Université de Gand observent en effet ce phénomène.

 

UNE PERSONNE SUR QUATRE EST VICTIME DE VIOLENCE
Au cours des quatre premières semaines des mesures sanitaires, une personne sur quatre ayant participé à l'enquête de l'Université de Gand a subi des violences en tant que victime ou en tant que témoin. Cette violence peut être de type psychologique, physique ou sexuel. Une personne sur cinq a été elle-même victime tandis qu’une personne sur six est au courant qu'une autre personne de son foyer actuel a subi des violences au cours des quatre dernières semaines. Une grande partie de cette violence reste dissimulée à l’entourage. Moins d'une victime sur quatre a fait appel à une aide professionnelle et quasiment aucune n'a signalé les violences à la police.

PRINCIPALEMENT DE LA VIOLENCE PSYCHOLOGIQUE
Les violences physique et sexuelle touchent les femmes et les hommes à parts égales (2 à 3% pour les femmes comme pour les hommes), néanmoins les femmes sont plus souvent victimes de violence psychologique que les hommes (21% des femmes et 15% des hommes). Le score de la violence psychologique est non seulement élevé en ce qui concerne sa fréquence mais l’impact de cette violence sur les victimes est également considérable. Plus de quatre participants sur dix ont signalé que la violence psychologique avait un plus grand effet sur eux que les autres types de violence.  

L’AUTEUR EST SOUVENT UN (EX)PARTENAIRE
Le (ex-)partenaire est le plus souvent désigné comme l'auteur de la violence, quelle qu’en soit la forme (51% pour les violences psychologiques, 45% pour les violences physiques et 72% pour les violences sexuelles). Il est frappant de constater que les auteurs de violences physiques s'avèrent souvent être les (beaux-)enfants (30%). Cependant, les enfants sont également bien souvent victimes de la violence. Dans 60 % des cas où les participants ont connaissance de violences physiques au sein de leur foyer, ce sont les enfants qui en sont les victimes.

PARLER DE LA VIOLENCE EST LOIN D'ÊTRE ÉVIDENT
Une victime sur trois a dissimulé la violence à son entourage et 77 % des victimes n'ont pas cherché à obtenir une aide professionnelle. Les victimes ne considèrent pas que le confinement soit l’obstacle principal à l’obtention d’une aide. La majorité d'entre elles déclarent qu'elles n'ont pas besoin d'aide, tandis que plus d'une sur dix est convaincue que l'aide ne changera rien.
Les victimes qui ont sollicité une aide l'ont fait auprès des services de santé mentale ou de leur médecin de famille. Il est rare que les victimes se rendent à la police. Les raisons invoquées par les victimes sont qu'elles ne considèrent pas la violence comme suffisamment grave ou qu'elles sont convaincues que la police ne réagira pas. Seulement 4 % ont signalé la violence à la police.

CONTEXTE DE LA RECHERCHE
Une équipe de recherche interdisciplinaire de l'Université de Gand, sous la supervision des professeurs Ines Keygnaert et Christophe Vandeviver, étudie l'impact des mesures sanitaires prises pour lutter contre le Coronavirus sur les relations, le stress et l'agressivité chez les personnes âgées de 16 ans et plus en Belgique. Dans ce but, ils ont interrogé plus de 4000 Belges durant la période du 13 au 27 avril. Les résultats concernent la période qui s’étend du 13 mars au 27 avril. Pour plus d'informations sur l'enquête, veuillez consulter le site suivant : http://icrhb.org/rsa-study-results

INFO
Prof. Ines Keygnaert
Département de Santé Publique et Soins de première ligne
M +32 485 96 14 04

Prof. Christophe Vandeviver
Département de Criminologie, de Droit Pénal et de Droit Social
M +32 498 62 90 53

DES QUESTIONS CONCERNANT LA VIOLENCE DOMESTIQUE ?
La violence ne peut en aucun cas être justifiée. N'hésitez pas à appeler à l'aide. Vous pouvez contacter différentes organisations par téléphone et/ou par chat. Toute assistance est anonyme et gratuite.
•    Prévention Suicide 02 650 08 69
•    Ecoute Violences Conjugales 0800 30 0 30
•    Ligne de chat pour les Violences Sexuelles www.violencessexuelles.be
•    SOS Viol 0800 98 100
•    Enfants en difficultés 103
•    Les Centres de Prise en charges des Violences Sexuelles restent ouverts pendant le confinement (Bruxelles, Liège)
•    Hulplijn voor vragen over geweld 1712
•    CAW 0800 13 500
•    Télé-Accueil 107
•    Awel Jongerentelefoon 102